Terrasses de pierre et ruines de Choquequirao sur une crête verdoyante au-dessus du canyon de l’Apurímac, au Pérou

Photo : Danielle Pereira · CC BY 2.0

Guide du trek de Choquequirao : le site inca du Pérou loin des foules

Comment rejoindre Choquequirao à pied : le trek classique de 4 jours, l’itinéraire vers le Machu Picchu, difficulté, meilleure saison, équipement et comparaison avec le Machu Picchu.

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Le trek de Choquequirao est une randonnée de plusieurs jours vers un site inca perché au-dessus du fleuve Apurímac, dans le sud du Pérou. Choquequirao (souvent écrit Choquequirau) se dresse sur une crête de la cordillère de Vilcabamba, à environ 98 km à l’ouest de Cusco à vol d’oiseau, à quelque 3 000 m d’altitude. C’est un vaste complexe en partie fouillé de places, de terrasses et de maisons de pierre, et on l’atteint à pied, ce qui explique qu’il ne reçoive encore qu’une fraction des visiteurs qui se pressent au Machu Picchu.

La plupart des gens font l’aller-retour classique de quatre jours depuis Cusco. Un itinéraire plus long continue par de hauts cols jusqu’au Machu Picchu en une semaine ou plus. Dans les deux cas, c’est une marche difficile avec beaucoup de montées et de descentes, pas une promenade touristique. Ce guide présente l’histoire, les options d’itinéraire, la difficulté réelle du trek, la meilleure saison, ce qu’il faut emporter et la comparaison entre Choquequirao et le Machu Picchu. Pour son célèbre voisin, consultez nos guides du Machu Picchu et de l’histoire du Machu Picchu.

Terrasses de pierre et ruines de Choquequirao sur une crête verdoyante au-dessus du canyon de l’Apurímac, au Pérou
Les ruines de Choquequirao s’accrochent à une crête très au-dessus du fleuve.Photo : Danielle Pereira · CC BY 2.0

Qu’est-ce que Choquequirao et où se trouve-t-il ?

Choquequirao se situe dans le district de Santa Teresa, province de La Convención, dans la région de Cusco. Le point de départ habituel est le village de San Pedro de Cachora, dans la région voisine d’Apurímac, à environ trois ou quatre heures de route de Cusco. De là, le sentier descend dans le canyon de l’Apurímac et remonte l’autre versant jusqu’aux ruines.

Le nom est couramment traduit par « Berceau d’or », à partir de racines aymara et quechua, bien que les traductions varient. Le complexe s’étend sur une vaste zone, et une partie seulement a été fouillée. Les chercheurs décrivent une douzaine de secteurs, dont une place principale, une plateforme cérémonielle appelée usnu, un grand escalier de terrasses et des pentes agricoles qui dévalent vers la vallée.

Pourquoi on l’appelle la sœur du Machu Picchu

Le surnom vient d’une architecture semblable, d’un cadre similaire au sommet d’une montagne et d’un même sentiment de grandeur. Les deux sites dominent de profonds canyons, et tous deux sont faits de pierres finement ajustées. La différence tient à l’accès. Le Machu Picchu a des trains, des bus et des billets à heure fixe. Choquequirao a un sentier, et la marche écarte la plupart des visiteurs occasionnels.

Une brève histoire de Choquequirao

Choquequirao est généralement daté des XVe et XVIe siècles, époque où il aurait servi de centre cérémoniel et administratif et de poste de contrôle sur la route de la région de Vilcabamba. Certains spécialistes le rattachent à l’empereur Pachacuti et à son successeur Tupac Inca Yupanqui, mais les détails de sa fondation sont encore débattus.

Son moment le mieux documenté est venu après la conquête espagnole. Quand Manco Inca Yupanqui échoua à reprendre Cusco lors du siège de 1535, il se retira dans Vilcabamba, et Choquequirao aurait fait partie du territoire de cette résistance. Le site fut abandonné vers la fin du XVIe siècle.

Un document colonial de 1710 compte parmi les plus anciennes mentions des ruines. Des explorateurs européens et péruviens les ont visitées au XIXe siècle, et l’explorateur américain Hiram Bingham a atteint le site en 1909, deux ans avant son expédition au Machu Picchu. Il jugea Choquequirao être une forteresse frontalière. Les fouilles et la restauration systématiques, toujours inachevées, n’ont commencé que bien plus tard.

Les terrasses aux lamas

L’élément le plus célèbre est le secteur VIII, où des terrasses sont ornées de figures de lamas en pierre blanche incrustées dans les murs sombres. Les archéologues en ont recensé une vingtaine. Des motifs en zigzag dans la maçonnerie font partie des raisons pour lesquelles certains chercheurs soupçonnent l’intervention d’artisans d’autres régions. C’est le point fort de la visite ; accordez-leur donc du temps et une bonne lumière.

Vue large des terrasses en gradins aux lamas de Choquequirao, avec la crête montagneuse derrière
Les terrasses aux lamas sont l’élément emblématique du site.Photo : Gedankenstuecke · CC BY-SA 4.0

Options de trek à Choquequirao : quatre jours ou plus

Deux grandes options couvrent presque tous les itinéraires. La bonne dépend du nombre de jours dont vous disposez et de l’altitude que vous êtes prêt à affronter.

OptionDurée typiquePoint le plus hautIdéal pour
Aller-retour classique depuis Cachora4 jours, 3 nuitsEnviron 3 000 m aux ruinesDécouvrir le site comme trek autonome
Trek prolongé par le col de Yanama jusqu’au Machu PicchuEnviron 7 à 11 joursCol de Yanama, environ 4 670 mRandonneurs en forme et acclimatés qui veulent une traversée andine plus longue
Variantes guidées rapides2 à 3 joursEnviron 3 000 mRandonneurs expérimentés aux jambes solides ; moins de temps aux ruines

L’aller-retour classique de 4 jours

Les opérateurs organisent cet itinéraire de façons légèrement différentes, mais le schéma reste constant. Le premier jour, vous roulez de Cusco jusqu’au départ du sentier près de Cachora et descendez à pied jusqu’à un campement sur le versant du canyon. Le deuxième jour, vous descendez jusqu’au fleuve Apurímac, à environ 1 450 m, vous franchissez un pont, puis vous attaquez une montée raide et chaude jusqu’à un camp près du village de Marampata ou proche des ruines.

Le troisième jour est consacré à Choquequirao même, généralement une matinée ou une journée entière parmi les terrasses, la place et le secteur des lamas. Le quatrième jour est celui du retour à pied, redescente jusqu’au fleuve puis montée du côté de Cachora, avant la route vers Cusco. Les deux montées pour sortir du canyon sont le principal défi physique. Les ruines sont la récompense à l’arrivée, pas la partie facile.

Parois abruptes du canyon de l’Apurímac vues depuis Choquequirao, dans le sud du Pérou
Le canyon de l’Apurímac est l’entaille profonde dans laquelle vous descendez, puis dont vous ressortez en montant, en chemin vers le site.Photo : Kaanek · CC BY-SA 3.0

L’itinéraire de Choquequirao au Machu Picchu

Le long itinéraire se poursuit au-delà de Choquequirao par de très hauts cols, avec le col de Yanama, à environ 4 670 m, comme point culminant le plus cité. Il traverse ensuite des vallées isolées et rejoint les sentiers plus bas en direction de Santa Teresa et du Machu Picchu. Les itinéraires typiques durent d’une semaine à 11 jours environ, selon l’allure et les extensions que vous ajoutez.

C’est l’un des itinéraires de trek les plus exigeants de la région. Vous camperez de nombreuses nuits, traverserez des terrains d’altitude froids et affronterez des changements de temps. Ne le prévoyez que si vous êtes en bonne forme, que vous avez le temps de vous acclimater, et partez avec un opérateur sérieux qui s’occupe des camps, des repas et des guides.

Le trek de Choquequirao est-il difficile ?

Les opérateurs classent l’itinéraire classique de modéré à difficile, et la réponse honnête est qu’il est dur pour quiconque ne marche pas régulièrement en montée. Le profil d’altitude est le problème. Vous perdez bien plus de mille mètres en descendant vers l’Apurímac, puis vous en regagnez la plus grande partie de l’autre côté, sur un terrain chaud et exposé. Puis vous refaites les deux au retour.

L’altitude elle-même est plus facile à gérer que sur le long itinéraire du Machu Picchu, car les ruines se trouvent à environ 3 000 m et le point le plus bas est bien plus bas. Cusco se situe tout de même au-dessus de 3 300 m ; passez donc au moins quelques jours sur place avant de commencer. Les genoux et les quadriceps souffrent le plus dans les descentes.

  • Entraînement : faites de longues randonnées avec des escaliers ou des côtes dans les semaines qui précèdent, avec le sac que vous comptez utiliser.
  • Allure : partez tôt les jours de montée, car le canyon se réchauffe vite.
  • Bâtons : les bâtons de marche protègent vos genoux dans les passages raides.
  • Honnêteté sur votre forme : si une journée entière de marche en montée vous pose problème chez vous, choisissez une randonnée plus courte ou une formule avec mules.
Secteur des entrepôts incas en terrasses de Choquequirao avec vue sur les montagnes
Les vues depuis la partie haute du site s’étendent sur les crêtes et les vallées.Photo : Gedankenstuecke · CC BY-SA 4.0

Meilleure période pour y aller

Comme dans la plupart des Andes, la saison sèche est le choix le plus sûr. Cela correspond généralement à mai-septembre environ, avec un ciel plus clair, des sentiers plus fermes et des nuits froides et gelées dans les camps d’altitude. La saison des pluies, généralement de novembre à mars environ, apporte de la boue, un risque de glissements de terrain sur les tronçons exposés et davantage de nuages sur les ruines.

Les intersaisons peuvent convenir, mais l’état des sentiers varie. Les températures de jour dans le canyon de l’Apurímac sont chaudes en toute saison, tandis que les nuits au camp sont fraîches ; il vous faut donc des couches de vêtements dans les deux cas. Renseignez-vous auprès de votre opérateur sur l’état actuel des sentiers avant de réserver.

Guides, permis et organisation

La plupart des visiteurs réservent un forfait auprès d’un opérateur basé à Cusco, qui couvre le transport, le matériel de camping, les repas, les muletiers et un guide. C’est le moyen le plus simple de gérer la logistique, surtout si vous manquez de temps. La randonnée en autonomie est possible sur l’itinéraire classique, mais vous devez tout porter vous-même et organiser transport et camping.

Le site a son propre billet d’entrée, et les autorités régionales gèrent le parc archéologique. Les règles concernant les billets, les guides et le camping peuvent changer ; confirmez-les donc auprès de votre opérateur ou de l’autorité culturelle de Cusco avant de partir. La page officielle du tourisme péruvien donne les informations de base sur l’accès et le trek.

Choisissez soigneusement vos opérateurs. Demandez combien de personnes composent un groupe, qui porte le matériel, quelles sont les conditions d’annulation et si les guides sont agréés. Méfiez-vous des prix qui paraissent trop bas, car les forfaits bon marché rognent souvent sur la qualité des repas, le bien-être des animaux de bât ou la sécurité.

Que mettre dans votre sac pour Choquequirao

  • Des chaussures de randonnée déjà faites et bien adhérentes, ainsi que des chaussures de camp.
  • Des couches de vêtements : une veste chaude et un bonnet pour la nuit et le matin, des vêtements légers pour le canyon.
  • Une veste de pluie et une housse de sac, même en saison sèche.
  • Une protection solaire : un chapeau à larges bords, de la crème solaire et des lunettes de soleil, car les montées sont exposées.
  • Un répulsif contre les insectes pour la basse vallée, où les insectes piqueurs sont nombreux.
  • Un traitement de l’eau et une grande gourde ou une poche à eau, ainsi que des comprimés d’électrolytes.
  • Une lampe frontale, des bâtons de marche et une trousse de premiers secours de base avec de quoi soigner les ampoules.
  • De l’argent liquide en petites coupures pour les en-cas et les pourboires là où il n’y a pas de lecteur de carte.

Choquequirao ou Machu Picchu

La comparaison est la principale raison pour laquelle les gens cherchent cette randonnée ; la voici donc sans détour. Le Machu Picchu est le site le mieux conservé, le plus compact et le mieux documenté. On ne peut pas le manquer et il est facile d’accès. Choquequirao est plus rude, moins restauré et bien plus calme, et l’effort pour y arriver fait partie de l’expérience.

CaractéristiqueChoquequiraoMachu Picchu
AccèsTrek de plusieurs jours depuis CachoraTrain ou trek, puis bus ou marche jusqu’à l’entrée
FréquentationFaible, étaléeTrès élevée, avec entrée à heure fixe
ÉtatEn partie fouillé, plus envahi par la végétationLargement restauré
EffortExigeant, descentes et montées du canyonFaible à modéré, selon l’itinéraire
Point fortTerrasses aux lamas, cadre isoléVue emblématique sur la citadelle

Si votre séjour au Pérou est court, voyez d’abord le Machu Picchu. Si vous avez une semaine, êtes en forme et voulez un site inca presque pour vous seul, Choquequirao est le meilleur trek. Pour vérifier les règles d’entrée et les circuits du Machu Picchu, utilisez le site officiel du Machu Picchu.

S’y rendre et où séjourner

Prenez l’avion jusqu’à Cusco, passez quelques jours à vous acclimater, puis faites un transfert routier vers Cachora, qui dure généralement trois à quatre heures. La plupart des opérateurs incluent ce transfert dans le forfait. Les transports publics jusqu’au départ du sentier sont possibles, mais plus lents et moins prévisibles.

À Cusco, le centre historique près de la Plaza de Armas est la base la plus simple pour les soirées, et San Blas est un quartier plus calme, avec des rues pentues et de petites maisons d’hôtes. Sur le sentier, vous camperez ou utiliserez des lodges rudimentaires près des principales étapes. Attendez-vous à des équipements simples et emportez ce dont vous avez besoin.

Pour d’autres ruines incas et pour préparer vos voyages dans les Andes, consultez nos guides de voyage au Pérou et l’ensemble des destinations d’Amérique du Sud.

FAQ sur le trek de Choquequirao

Combien de temps dure le trek de Choquequirao ?

L’aller-retour classique dure quatre jours et trois nuits depuis Cusco. Les versions guidées plus rapides durent deux à trois jours, et les itinéraires plus longs jusqu’au Machu Picchu demandent d’une semaine à 11 jours environ. Choisissez la durée qui convient à votre condition physique.

Le trek de Choquequirao est-il difficile ?

Il est exigeant. L’itinéraire descend dans le canyon de l’Apurímac et remonte de l’autre côté, puis recommence l’effort au retour. L’altitude est plus basse que sur le long itinéraire du Machu Picchu, mais les montées raides et la chaleur le rendent difficile pour les marcheurs occasionnels.

Choquequirao est-il mieux que le Machu Picchu ?

Ils offrent des expériences différentes. Le Machu Picchu est plus complet et plus facile à visiter. Choquequirao est plus sauvage, plus calme et demande une randonnée de plusieurs jours. Beaucoup de voyageurs voient d’abord le Machu Picchu et choisissent Choquequirao s’ils veulent de la solitude et un vrai trek.

Quelle est la meilleure période de l’année pour Choquequirao ?

La saison sèche, de mai à septembre environ, est généralement la meilleure, avec un ciel plus clair et des sentiers plus fermes. Les nuits sont froides dans les camps d’altitude. La saison des pluies, de novembre à mars environ, apporte de la boue et davantage de nuages ; vérifiez donc l’état des sentiers auprès de votre opérateur.

Faut-il un guide pour Choquequirao ?

La plupart des visiteurs partent avec un opérateur agréé qui s’occupe du transport, du camping, des repas et d’un guide. La randonnée en autonomie est possible sur l’itinéraire classique, mais les règles peuvent changer. Confirmez les exigences en vigueur auprès des autorités locales ou de votre opérateur avant de partir.

Quelle est l’altitude de Choquequirao ?

Les ruines se trouvent à environ 3 000 m au-dessus du niveau de la mer, tandis que le fond du canyon de l’Apurímac est à environ 1 450 m. Les sources donnent des chiffres légèrement différents pour le site ; considérez donc le nombre comme approximatif. Cusco elle-même est à plus de 3 300 m.

Peut-on aller à pied de Choquequirao au Machu Picchu ?

Oui. Un itinéraire plus long relie les deux sites par de hauts cols, dont le col de Yanama à environ 4 670 m, et dure généralement d’une semaine à 11 jours environ. Il est exigeant et convient donc à des randonneurs en forme et acclimatés qui voyagent avec un opérateur expérimenté.

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